Le couvent aux XIXe et XXe siècles


Le Couvent d’Alesani fut, comme tous les autres, abandonné pendant la Révolution lors de l’expulsion des religieux.

 

Resté sans entretien pendant de nombreuses années, une partie des bâtiments fut utilisée par la gendarmerie à la fin du 19ème siècle et l’autre par le curé de la commune.

 

 

Propriété de l’Eat, le Couvent fut mis en vente en 1864 car les réparations que ces bâtiments exigeaient rendaient leur entretien trop onéreux.

 

En 1865, quelques franciscains y revinrent mais leur communauté dut quitter les lieux une seconde fois en 1903 après la loi d’expulsion. Les monuments Historiques furent sollicités en 1937 pour une restauration de l’ensemble conventuel et du clocher. Le dossier déposé à cette époque atteste des démarches entreprises pour hâter le classement de l’édifice, déjà inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1926. Un compte rendu de l’Architecte en Chef des Monuments Historiques de l’époque précise que : «  … le clocher penche vers le sud-est et menace ruine … il paraît qu’il est dans cet état depuis un demi-siècle … ». L’état de délabrement constaté à l’époque entraînant un coût trop lourd pour la restauration de l’ensemble, retarda un temps l’étude de la demande de classement et les travaux. 

 

Longtemps laissé à l’abandon, le Couvent d’Alesani était encore habité par des immigrés italiens lorsqu’un franciscain, le Père Gabriel Poli reprit possession des lieux en 1940. Aidé du Père Ambroise, il restaura une aile de bâtiments trois années durant. Manquant de moyens et voyant l’état de délabrement du clocher, les Monuments Historiques furent de nouveau sollicités en 1941. Alors que les démarches étaient sur le point d’aboutir, à la suite d’un violent orage, le clocher s’abattit sur l’aile est du Couvent dans la nuit du 17 décembre 1943, tuant le Père Gabriel Poli dans son sommeil et blessant la Père Ambroise. Le Père Gabriel Poli fut inhumé au Couvent, à la droite de la porte d’entrée. L’ancienne pierre tombale abîmée à été récemment remplacée. 

 

L’aile Est est partiellement détruite, et l’aile ouest, aujourd’hui disparue, est alors en partie conservée dans les années 1940-1950, mais fut démolie par la suite.

 

 

En 1964, un dossier est enregistré aux « permis de construire » à la demande du centre social bastiais, qui désirait restaurer et aménager les bâtiments du Couvent pour y installer une colonie de vacances. La reconstruction de l’aile est fut accomplie mais le projet ne fut pas réalisé, bien que durant quelques années des colonies de vacances vinrent au Couvent, en compagnie notamment de celui qui allait devenir le Père Olive Tagliazucchi. Les colonies de vacances ne revinrent jamais au Couvent après 1965.

 

Le Père Augustin Giacobbi fut le dernier franciscain corse à desservir le monastère dans les années 1965- 1970 avant de rejoindre le sanctuaire de Lavasina où il mourut il y a quelques années. A sa suite, de nombreux prêtres se succédèrent et résidèrent quelques temps au Couvent, entre autres : Le Père Sion, le Père Michel Kerbrat, le Père Adalbert Mach et le Père Olive Tagliazucchi pendant près de dix ans, jusqu’en 2011.

 

C’est par la création d’un acte administratif en date du 20 mars 1980 que le Couvent a été déclaré propriété de la Commune de Piazzali, pour ce qui concerne l’église, propriété de l’Association Diocésaine d’Ajaccio pour ce qui concerne le presbytère (appartement du curé au premier étage de l’aile est) et propriété indivis des neuf Communes de l’Alesani, à savoir : Novale, Perelli, Pietricaggio, Piobetta, Tarrano, Felce, Valle d’Alesani, Ortale et Piazzali, pour tout le reste des bâtiments (aile est et sud et sacristie).

 

A la suite de cette répartition et en continuité de l’arrêté du 2 décembre 1926, portant inscription du Couvent et de l’église à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques que le Couvent d’Alesani est classé parmi les Monuments Historiques, dans sa totalité, par arrêté ministériel en date du 21 février 1983.

 

 

Durant toute la décennie 1970-1980 divers travaux ont été réalisés sur les bâtiments du Couvent. Bien qu’ayant été réalisés en désordre et de manière un peu anarchique, ces travaux ont permis aux bâtiments de rester debout et de ne pas tomber totalement en ruine, comme cela a trop souvent été le cas pour de nombreux couvents.

 

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