L'extermination des Giovannali


Deux hypothèses existent quant au déplacement et à la reconstruction du Couvent. La première est directement liée à l’histoire tragique des GIOVANNALI. C’est en 1365 à Carbini, dans l’Alta Rocca, près de Levie, qu’a pris naissance, sous la protection des frères Polo et Arrigo D’ATTALA, auxquels s’étaient joints de nombreux seigneurs, la secte religieuse des GIOVANNALI, les Cathares corses.

 

Le promoteur de la secte fut un franciscain, Giovanni MARTINI, et la secte était composée de tertiaires franciscains qui se réunissaient à Carbini dans l’église San Giovanni. Le nom de GIOVANNALI est sans doute directement lié au nom de leur fondateur, parce qu’à l’exemple d’autres hérétiques, ils ne reconnaissaient que l’Evangile de Saint Jean qu’ils interprétaient à leur manière.

 

Les caractéristiques principales de la secte étaient : l’égalité des hommes et des femmes, la mise en commun de tous les biens (y compris femmes et enfants). Ils s’imposaient certaines pénitences et pratiquaient l’ascétisme et la flagellation et étaient hostiles à la hiérarchie de l’église. Ils se réunissaient la nuit dans les églises pour procéder à leurs sacrifices. Les « débauchés », sont en réalité des « flagellants », semblables à ceux qui, dans toute l’Europe, se livraient à ces manifestations morbides de dévotion après la grande peste de 1348. Cette doctrine dressa contre eux l’Evèque d’Aleria dont ils dépendaient, qui les excommunia en 1352.

 

A la fin de 1352, les Giovannali, en appellent à l’Archevêque de Pise et obtiennent la levée de l’excommunication. Leur spiritualité, leur sens religieux et social s’étaient alors répandus dans presque toute la Corse. Mais en 1354, le Pape Innocent VI, excommunia les Giovannali, les déclarant hérétiques et irrespectueux envers l’autorité épiscopale.

 

Son successeur le Pape Urbain V envoie un légat en Corse, qui soutenu par les seigneurs locaux organise une sainte croisade militaire dans la région de Carbini et en plaine orientale. Au nom de l’Eglise, de 1363 à 1364, à Carbini, à Ghisoni, en Alesani et dans d’autres villages, on massacre de nombreux Giovannali, femmes et enfants compris. Certains, plutôt que de renoncer à leur foi, sont morts les armes à la main. Ils furent poursuivis avec tant de férocité qu’un proverbe se créera, disant d’une famille détruite « ils ont été traités comme des Giovannali ».

 

Les Giovannali étaient donc des franciscains en lutte contre ce qui était à leurs yeux une trahison de l’idéal franciscain primitif : l’abandon de la pauvreté absolue. 

 

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